Résumé: La géographie est ici présentée comme un champ de savoirs
organisé autour de quatre pôles : la géographie savante, la géographie
scolaire, la géographie appliquée et la géographie grand public.
En opposition avec le modèle de la transposition didactique cette
formalisation s´inscrit dans la logique d´une relative autonomie des
disciplines scolaires. Elle prend en compte dans le champ des savoirs
géographiques les diverses institutions qui se réclament de la géographie, ou
que le public identifie comme relevant de la géographie en dehors de
l´Université et de l´Ecole.
Chacun de ces quatre pôles identifiés dans le champ de la géographie
contribue, de façon relativement autonome, à la diffusion de la géographie et
oriente la création de nouveaux savoirs. Dans ce système ouvert vers d´autres
savoirs de référence, chacun des pôles est lié à des lieux d´usages des
savoirs géographiques.
Mots clés : géographie appliquée, géographie grand public,
géographie savante, géographie scolaire.
Dans le cadre du Festival International de Géographie de Saint-Dié, en
octobre 1996, un séminaire de réflexion s´était donné pour objet l´étude de la
production et de la transmission du savoir géographique. C´est dans ce cadre
qu´a été proposée cette interprétation de la production et de la diffusion des
savoirs géographiques sous la forme d´un système organisé autour de quatre
pôles.
Si l´on considérait la géographie uniquement comme une discipline élaborée
à l´Université et enseignée à l´Ecole, et non comme un champ de savoirs, le
problème serait vite réglé. Il n´existerait pas de production de savoirs
géographiques en dehors de la discipline, il n´y aurait pas eu de savoirs
géographiques avant l´organisation de celle-ci en discipline universitaire et
scolaire. A l´inverse nous nous situons ici dans le cadre d´un champ de
savoirs en géographie, préexistant à l´institutionnalisation de la géographie
universitaire et plus large qu´elle. Certes, ce n´est pas mettre tout sur le
même plan. Tout ne se vaut pas ; ou plus précisément les différents acteurs
qui se revendiquent plus ou moins de la géographie se situent dans des cadres
de référence spécifiques, répondant à des exigences qui leur sont propres : un
journaliste de Géo magazine est évalué à sa capacité à séduire les
lecteurs, un auteur de manuel scolaire à la façon dont il répond aux attentes
pédagogiques de l´institution, un concepteur de S.I.G. pour le “géomarketing”
à l´efficacité de son produit du point de vue des commanditaires et un
géographe universitaire à la rigueur scientifique de ses productions, ce qui
n´est évidemment pas la même chose.
Cette définition étendue du champ de la géographie ne réserve pas à
l´Université le monopole de l´élaboration des savoirs ; des savoirs à haute
technicité s´élaborent aussi dans le monde de la géographie appliquée.
L´Ecole, elle non plus, n´a pas l´exclusivité de la diffusion des
connaissances géographiques. Ce modèle théorique ne décrit donc pas des
processus organisés d´un pôle à un autre de façon univoque, allant des lieux
de production des savoirs à ceux de leur diffusion. Il se démarque donc de la
simple notion de transposition didactique, qui décrit d´un côté les savoirs
savants et de l´autre les savoirs scolaires élaborés à partir des premiers. Il
se situe plutôt dans le paradigme de la relative autonomie des disciplines
scolaires.
Dans cette perspective et bien qu´ils relèvent de logiques différentes,
nous décrirons rapidement le milieu de la géographie savante et celui de la
géographie scolaire. Ensuite, nous envisagerons le monde des savoirs
géographiques de façon plus vaste, intégrant deux autres pôles, celui de la
géographie appliquée et celui des géographies grand public.
Deux institutions : la géographie scolaire et la géographie
universitaire
Il n´est pas original de distinguer la géographie scolaire et la géographie
universitaire, de montrer qu´elles ont leur règles propres, mais nous
soulignerons surtout que toutes deux sont des diffuseurs de savoirs et des
points de départ de la construction de nouveaux savoirs.
La géographie universitaire et la géographie scolaire ont en commun d´être
des domaines aisément cernables. Géographie scolaire et géographie
universitaire se réfèrent toutes deux, et ce plus particulièrement en France,
à des cadres institutionnels précis, avec arrêtés ministériels, publications
officielles de postes et de programmes.
La géographie des universités et des laboratoires de recherche se définit
probablement d´abord par ses propres institutions : ses procédures de
recrutement, ses titres et grades, ses associations et ses revues. Ces
institutions valorisent des productions qui répondent à leurs attentes. La
géographie scolaire, c´est évidemment ce qui est qualifié de “géographie” dans
les programmes scolaires, donc dans les horaires d´enseignement, encore que,
parfois, la géographie se trouve incluse dans une matière scolaire plus vaste
comme actuellement au cycle deux de l´école primaire ou dans les lycées
professionnels.
La communauté universitaire des géographes français a souvent été étudiée,
inventoriée. Compte tenu de ses effectifs l´approche quantitative est la plus
aisée. Plus difficile est l´étude des financements des recherches et celle du
fonctionnement du groupe.
Les rapports entre les savoirs de référence et les savoirs scolaires ont
été un des principaux axes de recherche des didacticiens au cours de ces
dernières années. Ainsi, dans les années 80, nombre de didacticiens,
géographes de formation, ont cherché, à la manière d´Yves Chevallard (1985), à
définir la géographie enseignée, dans une logique de “transposition
didactique” partant des savoirs savants et allant aux savoirs enseignés En
s´appuyant sur une réflexion didactique née dans les “sciences dures” ils
interrogent la légitimité des contenus proposés par la géographie scolaire.
Ces rapports étroits se manifestent, entre autres, au travers de la
participation d´universitaires à la rédaction des manuels scolaires du
secondaire et du primaire ; se concrétisent par les citations et les extraits
de textes d´universitaires dans les manuels scolaires et surtout par la rapide
diffusion au sein des programmes et des manuels de certaines des nouveautés
produites dans le cadre de la recherche en géographie.
Pourtant, la spécificité des savoirs scolaires est soulignée lors du
colloque INRP “Savoirs enseignés-savoirs savants”(1988). Dans L´Information
Géographique l´Inspecteur général Pierre Desplanques (1993), insiste sur
l´autonomie de la géographie scolaire et François Audigier (1991) se demande
même si la géographie n´est pas “une invention purement scolaire, à des
fins civiques et nationalistes plus que scientifiques, le savoir savant se
constituant dans un second temps et la transposition didactique à partir du
savoir géographique savant n´étant que la caution après coup d´une discipline
qui s´est instituée dans une autre logique.”
Ce débat sur les sources de légitimité de la géographie scolaire entre les
tenants du modèle de la transposition didactique et ceux de l´autonomie des
disciplines scolaires, voire de leur primat, se situe forcément dans un cadre
historiquement limité à la période ouverte par l´institutionnalisation de la
discipline académique et scolaire, c´est-à-dire depuis les débuts de la IIIème
République. Il met en valeur l´intensité des échanges entre ces deux
institutions, les apports de la recherche à l´enseignement, mais aussi les
demandes de l´École envers l´Université.
C´est ainsi que Robert Marconis (1996), sans faire de la géographie savante
la fille de la géographie scolaire, situe dans son Introduction à la
géographie la géographie universitaire d´abord par sa relation avec
l´Ecole. Dans cet ouvrage, celui qui est aussi le président de l´Association
des professeurs d´histoire et de géographie, commence par présenter les
concours de recrutement de l´enseignement secondaire, avant d´aborder la
diversification des débouchés des formations en géographie, puis de présenter
la recherche scientifique en géographie.
La géographie à l´Ecole est aussi le cadre de l´initiation à d´autres
champs de connaissance : à l´économie, à la démographie, mais ceci ne la
distingue guère de la géographie universitaire, elle aussi en perpétuel
échange avec d´autres domaines disciplinaires. Si les relations entre savoirs
universitaires et savoirs scolaires sont fortes, elles ne sont pourtant pas
exclusives. L´Université, tout comme l´Ecole connaît une diversité
de ses savoirs de référence. Non seulement la géographie universitaire
française ne se définit pas exclusivement par rapport à l´enseignement. Non
seulement elle a sa propre autonomie, mais elle se veut géographie appliquée,
distinction opérée pour les qualifications des postes à l´Université qui
distinguent une géographie orientée vers l´aménagement. Le domaine de la
géographie ne se réduit donc pas à ce tête à tête géographie
scolaire/géographie universitaire et les activités privées ou professionnelles
font aussi appel à des savoirs géographiques élaborés et diffusés hors du
cadre universitaire et scolaire.
Géographie appliquée et géographie grand public
Géographie appliquée, géographie grand public, géographies universitaire et
scolaire connaissent des échanges anciens et actuels. Les géographies des
médias et des jeux sont pour partie les héritières des géographies
d´autrefois, en particulier de la géographie scolaire qui a été jusqu´au
milieu du 19ème marquée par la pratique catéchistique des questions-réponses
fermées et des listes énumératives d´inventaires. Ce sont ces mêmes pratiques
qui continuent à faire le succès des questions dites de “géographie” des jeux
de société familiaux ou télévisés.
Jusqu´à leur déclin au début du 20ème siècle, les sociétés de géographie
rassemblaient topographes, explorateurs, alpinistes, administrateurs, érudits.
Depuis, l´institutionnalisation de la géographie universitaire n´a pas fait
disparaître la curiosité géographique du grand public et la demande de
géographie appliquée, en particulier la demande privée, s´est accrue. Les
échanges entre les quatre pôles du savoir géographique tissent ainsi les liens
du champ de la géographie, dressant une image de la géographie bien différente
de celle proposée par la classification de Melvin Dewey. Cette méthode, qui
règne dans les bibliothèques universitaires, disperse depuis longtemps les
productions des géographes en fonction d´une classification décimale des
savoirs qui réduit la géographie aux monographies régionales, aux géographies
générales et aux atlas.
Dans les grandes librairies non spécialisées le rayon géographie fait place
au tourisme et aux atlas et présente une grande diversité. Deux pôles y
prédominent : la découverte et l´inventaire émerveillé du monde y compris par
les récits de voyage et d´autre part sur l´aménagement, l´action et les
cartes.
Depuis longtemps, l´adjectif géographique renvoie à la maîtrise de
techniques cartographiques. Aujourd´hui les compétences des cartographes sont
de plus en plus informatiques. Le marché de la géographie appliquée
devient de plus en plus important, en particulier celui des S.I.G. Ces outils,
souvent produits hors des universités donnent lieu à des catalogues, des
publicités, des expositions (par exemple le M.A.R.I. Europe au C.N.I.T. à
Paris avec ses exposants et ses conférences). Mais ces outils et ces
productions restent, pour partie, secrets, qu´il s´agisse des applications
civiles comme le géomarketing ou a fortiori des applications militaires pour
les services géographiques des armées centrés sur la production de cartes et
le renseignement. Ce marché d´outils qualifiés de “géographiques” correspond à
une production et à une transmission de savoirs. Ainsi, le développement des
outils informatiques a certainement modifié la production et la transmission
des savoirs géographiques. De même, le développement du libéralisme économique
et la mondialisation des activités humaines ont transformé la production et la
diffusion des savoirs géographiques.
Même si ses logiques sont spécifiques, la géographie appliquée est
évidemment associée à la géographie universitaire et contribue à faire évoluer
les problématiques. La géographie scolaire reflète, elle aussi, les
interrogations pratiques de notre société par rapport à ses territoires. Plus
que dans le libellé des programmes de géographie, c´est dans les manuels et
les sujets étudiés en classe que l´on verrait se concrétiser les liens entre
la géographie scolaire et la géographie appliquée ; par l´utilisation de
nouveaux outils comme les images satellitales (dont les manuels soulignent
plus particulièrement les aspects utilitaires) et surtout par de nouveaux
objets d´enseignement, telles les préoccupations environnementales qui tendent
à se substituer à l´étude des présentations des grandes opérations
d´aménagement du territoire.
Si la géographie appliquée est parfois difficile à cerner, par son
caractère secret, ou par sa faible diffusion hors des cercles d´utilisateurs
(entreprises, administrations…), les géographies grand public posent le
problème inverse, celui de productions multiformes où souvent le qualificatif
géographique n´est pas explicitement revendiqué.
Michel Chevalier (1989) regroupe sous le terme de “paragéographies” les
livres de voyage et d´exotisme, les périodiques de caractère géographique, les
publications du domaine touristique et les livres dits de “géographie
parallèle” faits par des non géographes. Nous y adjoindrons les jeux éducatifs
et les productions télévisuelles ou vidéo et nous qualifierons ce large
ensemble de “géographies grand public”. Nous les incluons dans notre
définition du champ des savoirs géographiques, en estimant a priori qu´elles
diffusent, voire produisent, des informations géographiques. Nous évoquerons
les liens entre celles-ci et la géographie savante, et surtout la géographie
scolaire.
Le vaste monde, mais aussi le local, sont les objets d´une géographie
spectacle, une géographie des curiosités, une géographie grand-public
combinant le merveilleux et l´inventaire. Cette géographie, appelée parfois
géographie parallèle, qui véhicule aussi des erreurs, participe néanmoins à
l´information géographique du grand public. Le merveilleux des paysages et des
sociétés est donné en spectacle dans Géo et dans le National
Geographic, dans les revues touristiques (Beautés du monde,
Ulysse…) et dans celles de plus en plus nombreuses à spécialisation
régionale (Alpes, Méditerranée…). Les géographes universitaires
y signent rarement des articles, quoique un peu plus souvent dans les revues
régionales, à la différence de leurs collègues historiens qui publient
largement dans les revues pour le grand public. Ces publications connaissent,
au total, une diffusion moindre que les revues historiques. Il n´en est
probablement pas de même des vidéocassettes proposées par les librairies où
l´offre en histoire est faible, alors que le marché apparaît important en
géographie. Mais est-ce perçu comme de la géographie ?
On peut aussi se poser cette question à propos des émissions de télévision.
A l´automne 1995 lors d´une enquête menée auprès de 220 étudiants en histoire
et en géographie de Paris X-Nanterre et de Versailles Saint-Quentin, à la
demande : “Citez les trois émissions de télévision les plus “géographiques”,
142 réponses indiquaient Thalassa ; 80 Géopolis ; 74
Ushuaïa ; 65 “Faut pas rêver”. On pourrait d´après ces
propositions en conclure que pour ce public, proche de la géographie
universitaire, l´image de cette discipline apparaît marquée par des éclairages
ethnographiques et pittoresques, citoyens et aventuriers. Au total le
merveilleux domine et l´austère émission “Le dessous des cartes” est
très rarement citée. Cette référence aux médias éclaire l´image que de futurs
enseignants ont de la discipline. Mais, les émissions géographiques
constituent forcément un ensemble flou, car la géographie des médias se dit
très rarement “géographie”, ce qui n´est pas sans signification. Par contre,
dans les jeux culturels la géographie est souvent un domaine de savoir
identifié en tant que tel, dans leurs questions ce n´est plus le merveilleux
et le spectaculaire qui dominent mais l´inventaire et l´anectodique.
De nombreux jeux d´érudition culturelle, qu´ils soient médiatisés tels
“Questions pour un champion” ou familiaux comme le “Trivial
pursuit”, ont des questions de géographie ; ce qui est faire grand honneur
à la discipline. Ces questions sont toujours des questions fermées, elles
portent sur des centres d´intérêt assez homogènes, et par là sont révélatrices
d´une autre image de la géographie pour le grand-public : la géographie savoir
de la nomenclature et des records. Cette petite géographie d´érudition ou
d´éducation peut aussi être éclairée par les contenus des jeux éducatifs,
qu´ils soient traditionnels, comme les puzzles des départements, ou plus
modernes comme le logiciel de jeu “A la poursuite de Carmen San Diego”:
savoir sa géographie c´est alors connaître la capitale des Etats, la longueur
des fleuves, la monnaie des pays et le nom des plus hauts sommets. Cette
constatation débouche sur deux questions. Est-ce l´ancienne géographie
inventaire qui perdure dans cette petite géographie ? Est-ce que cette
conception des savoirs géographiques dans le grand public influe encore sur
l´enseignement de la géographie et sur les questions posées aux élèves ?
La question des influences réciproques entre les géographies grand public
et la géographie enseignée se pose aussi à propos des guides touristiques.
L´extrait de guide touristique a rarement le statut de “document” dans les
manuels scolaires, sauf s´il s´agit de traiter du tourisme proprement dit.
L´Ecole, lieu du sérieux, se distancie de ces écrits de loisirs. Pourtant ces
guides touristiques sont des livres de grande diffusion et les développements
géographiques y sont relativement importants. La contribution des géographes
universitaires à la rédaction des “Guides verts” Michelin est difficile
à préciser, compte tenu de l´anonymat de ses rédacteurs, par contre de grands
géographes professionnels ont signé ès qualité des articles dans les
“Guides bleus” Hachette.
Les liens sont donc réels entre la géographie pour touristes et la
géographie universitaire. Notons aussi que cartes et guides touristiques
peuvent être l´objet d´études de la part de géographes. On peut aussi évoquer
la série “Découvrir la France” dirigée par Roger Brunet, publiée sous
la forme de 112 fascicules hebdomadaires diffusés en kiosque par Larousse à
partir de février 1972, exemple rare de publication grand public relevant
clairement de la vulgarisation scientifique.
Ces géographies grand public reflètent les centres d´intérêt, les
curiosités et les traditions culturelles d´une société. Elles véhiculent des
savoirs géographiques trop souvent anciens, mais des savoirs quand même. Elles
ont inventé le haut lieu touristique, l´ont cartographié, l´ont quantifié.
Elles nourrissent en permanence l´imaginaire géographique de nos
contemporains. Leurs supports de diffusion parfois ludiques, mais le plus
souvent modernes, apprennent probablement aux géographes professionnels qui
s´y frottent de nouveaux modes de communication des savoirs géographiques.
Un système des savoirs géographiques ?
Dans le champ de la géographie et sur ses marges nous avons rapidement
décrit quelques relations que nous représentons de façon sagittale dans le
graphe ci-dessous. Le champ des savoirs géographiques est figuré comme un
système s´articulant autour de quatre pôles, répondant à diverses demandes
sociales :
- la géographie universitaire produit des savoirs pour les trois autres
pôles ;
- la géographie appliquée fournit des ressources financières à la
géographie universitaire ; des apports, en terme d´outils et de centres
d´intérêt à la géographie universitaire et à la géographie scolaire ;
- la géographie scolaire oriente la géographie universitaire par ses
demandes, ses formes anciennes perdurent dans la géographie grand public ;
- la géographie grand public exprime la curiosité géographique de nos
contemporains, elle l´enrichit, produit parfois des informations nouvelles et
développe les techniques les plus modernes de vulgarisation des savoirs.
Ce champ des savoirs géographiques est ouvert sur des paradigmes, des
concepts, des informations issus d´autres champs disciplinaires. Ceci est bien
connu pour la géographie scolaire. Ces quatre “pôles de la géographie” ne se
définissent pas seulement par leurs contenus, mais aussi par leurs modes
d´élaboration et de consommation et de validation. Certains, comme la
géographie universitaire et la géographie scolaire ont un système administré
de fonctionnement et de validation. Les géographies grand public et la
géographie appliquée sont des secteurs qui relèvent principalement de
l´économie de marché. Ils ont donc leur spécificité, mais participent tous au
champ des savoirs de la géographie qui a commencé à se constituer avant son
institutionnalisation, avant l´époque de Vidal de la Blache et de Jules Ferry.
NOTES
0) CHEVALLARD Y. (1985), La transposition didactique. Du savoir savant
au savoir enseigné, Grenoble, La Pensée sauvage.
1) CHERVEL A., (1977), Histoire de la grammaire scolaire, Payot.
CHERVEL A. (1988), L’histoire des disciplines scolaires. Réflexion sur un
domaine de recherches, Histoire de l’éducation, nº 38, INRP.
2) BRUNET R., (1982), Rapport sur la géographie française, L’Espace
Géographique, nº 3, p. 196-194.
COMITE NATIONAL D’EVALUATION, (1989), La Géographie dans les universités
françaises, une évaluation thématique.
3) INTERGEO (1995), Enseignements et recherches dans les départements de
géographie de France (1994-1995), Intergéo-Bulletin, nº 119, CNRS.
INTERGEO (1996), Guide des formations universitaires,
Intergéo-bulletin, nº 121-122, CNRS.
4) Cf note 0.
5) MARBEAU L., AUDIGIER F., (dir), (1988) Actes du colloque savoirs
enseignés-savoirs savants, 2,3,4 mars 1988, INRP.
6) DESPLANQUES P., (1993), Géographie enseignée au collège et au lycée et
géographie universitaire, L’Information Géographique nº 57, p. 29 à 31.
7) AUDIGIER F., (1991), Actes du colloque Analyser et gérer les
situations d’enseignement-apprentissage, INRP, mars 1991, p. 352.
8) MARCONIS R., (1996), Introduction à la géographie, A. Colin.
9) FABRE C. (1996), Le marketing s’allie à la géographie, Le Monde des
Initiatives, supplément au journal Le Monde du 19 mars 1996.
10) MINISTERE DE LA DEFENSE, (1995), La géographie des armées, Armées
d’aujourd’hui, nº 196, janvier 1995.
MINISTERE DE LA DEFENSE, (1996), Le renseignement et l’armée de l’air,
Armées d’aujourd’hui, nº 211, juin 1996.
11) CHEVALIER M., (1989), Géographie et paragéographies, L’Espace
Géographique, nº 1, p. 5-17.
12) VAUGIEN M., (1993), Contribution à la didactique de la géographie pour
une éducation géographique, L’Information Géographique, nº 57, p. 22 à
24.
13) GIBLIN B. , (1977) La nation-paysages: “The National Geographic
Magazine”, Hérodote, nº 7, 3ème trimestre, p. 148-157.
14) LE BERRE M., (1987), Des guides et des cartes, Mappemonde nº 4,
p. 42-47.
15) ELISALDE B., RHEIN C., (1983), Quelle vulgarisation pour la géographie
?, compte rendu du Géoforum 83 de l’AFDG, Intergéo, nº 72, CNRS.